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Propos Fondateurs

Publié dans Notre histoire

Propos fondateurs

France Quéré

"Tu honoreras ton père et ta mère" (Exode XX, versets 2 à 17) "L’homme quittera son père et sa mère" (Genèse 2 verset et 24 Mat 19 verset 5) "Qu’as tu fait de ton frère ?" (Genèse V verset 9) "Vas dire à tes fils que..." (Deutéronome VI, versets 4 à 9)

Jacques Ellul

Citant Tischner le philosophe de Solidarnosch : "Si l’enfant n’apprend pas le sens de la vie sur le visage de son père et de sa mère, il ne l’apprendra nulle part ailleurs".

Jean Carbonnier "Pas de droits pour ceux qui refusent le Droit. Le Droit protège le faible." (Fontevraud, octobre 1984).

Jean de Verbizier

"Une vie ne s’éclaire qu’unie à celles qui la précèdent, l’accompagnent, la suivent."

 

Pour se protéger de la justification par les statuts, les œuvres, l'emploi ou les intentions. Jacques Ellul - 1948 Présence au monde moderne

"Toute technique devient morte - c’est à dire inéfficiente et source de mort - lorsqu’elle n’est pas ordonnée, située et jugée par le Royaume qui vient. Et il est inutile de s’évertuer aux bonnes oeuvres et se dépenser en activités pieuses et sociales. Cette sorte de conception chrétienne des bonnes choses,d'avoir de bonnes institutions, une bonne morale, de savoir où est le bien en toute chose; et de badigeonner tout de cet enduit, cela ne isgnifie absolument plus rien."

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Pour se protéger de l’intolérance et de l’indifférence

" QUAND JE DIS CEVENNES" André Dumas " Prières". 1970

"   Quand je dis Cévennes, tu dis Bretagne, Hollande ou Laponie, et toi du dis Corse, Chypre ou Arabie, et, d’autres, parfois les mêmes, disent, en plus et aussi, Rome, Genève, Augsbourg, Canterbury, les Indes, La Mecque et jusqu’à Jérusalem.

Ce sont nos racines, les lieux où nous palpitons de familiarité respectueuse, les lieux où nous accrochons notre mémoire en émoi. Nous y sommes, sans y être jamais allés et nous y restons, quand nous les avons depuis longtemps quittés. Nous y volons comme des oiseaux migrateurs, qui instinctivement prennent leur cap, entre vents et étoiles. Nous y demeurons, comme les sédentaires du souvenir et du revoir. Ce sont nos cartes de visite particulières et nous ne nous soucions pas de trop mêler les cartes sacrées aux cartes profanes, car nul ne sait si son sacré n’est pas folklore, ni si son profane n’est pas appel et rappel .

Toi aussi, Dieu, tu dis Sinai, Horeb, Carmel.... mer Rouge, mer Morte, mer de Galilée .... Villages de Bethléem et de Nazareth...Villes de Caphernaum, de Samarie et de Jérusalem... chemins de Jericho, d’Emmaüs et de Damas . Toi aussi tu te signales en des lieux et tu te nommes par des rencontres .... car tu es "nom " en un lieu. Tu n’es pas celui qui est tellement partout qu’il n’est nulle part et qu’il n’est personne .

Mais, Dieu de Canaan, fils de David, Christ qui est Jésus, apprends-nous à te nommer pour traverser toutes barrières, pour devenir frères adoptifs sur la terre entière. Délivre-nous des folklores, quand ils nourissent la vanité et le mépris. Délivre-nous des confessions et des religions, quand elles augmentent la suspicion et la séparation. Donnes - nous des racines qui emmêlent ensuite leurs branches.Tu nous as créés pour la confession de notre nom, mais aussi pour la communion de ton nom.

Quand je dis Cévennes, permets que je ne haïsse pas la plaine. Permets que je vive en ma foi, sans me barricader dans ma religion. Préserve-moi de ces deux soeurs, qui me sont toutes deux adverses : l’indifférence et l’intolérance, toi qui es l’unique Dieu révélé à chaque peuple en sa propre langue, comme au jour de la Pentecôte il n’y eut qu’un seul feu et de multiples flammes .

Amen

Pour se garder du cléricalisme, fut-il laïc, politicien ou féministe

France Quéré "LA FEMME-LAICITE" Fontevraud Octobre 1990 . Colloque des AFP

"Si j’avais eu le bonheur de venir à Fontevraud, j’aurais suggéré quelques idées dont voici la modeste esquisse .

Je crois qu’au moins par sa situation, la femme cultive le sens de la laïcité, quoiqu’on ait dit de ses crédulités religieuses. Par laïcité, j’entends ici les enseignements qui montent spontanément du fonds des expériences les plus communes. Vérités proférées par le peuple (le laïxos), celui qui nait, grandit, décline et meurt. La femme a toujours été placée aux postes où monte cette leçon éternelle .

D’où :

1) une philosophie de l’existence amarrée à l’existence même, c’est à dire aux contraintes de la nutrition, du repos, du retour chez soi, et en soi, des échange familiaux, et donc un trés grand sérieux accordé à des réalités organiques infiniment respectables mais dotées d’une grande fragilité; respectables d’autant plus. Notre liberté est fonction de cette dépendance vitale .

2) la famille, c’est forcément une association d’êtres, et donc le creuset de tous les problèmes humains. Les divers membres ne se ressemblent pas ou peu. Comment organiser la gestion des différences? Celles-ci, dans le cadre familial, se révèlent non pas comme un préjudice mais au contraire comme une richesse. L’exercice de la tolérance est au bas mot une obligation. En fait, on n’y tolère pas que l’autre soit autre, on l’exige. Eduquer, c’est conduire chacun vers la singularité qu’il est et doit être; ce n’est pas le faire plier à la règle uniforme .

3) l’habitude de vivre avec la vie ne dispense pas de vivre avec les idées. Mais celles ci ne seront qu’en coexistence et toujours passeront à l’épreuve du fait. Il s’ensuit une grande défiance à l’égard de l’esprit de système qui fait fi de la réalité, une constante ironie envers les pensées closes sur elles mèmes, sur le pur concept, l’égarement idéologique, politique, religieux, scientiste ou ce que l’on voudra, et à plus forte raison:

4) une protestation opiniâtre contre toutes les profanations du réel: la terre âbimée, l’air sali, les ressources raréfiées, au nom d’une cupidité imbécile et ennemie de ses propres enfants de ceux qui consomment, puisqu’il ne leur sera rien laissé. Derrière ce mot, laïcité, il y a un peuple qui veut vivre ."

 

Pour se garder des " Dividendes de la Saint Barthélémy"

"Lors du colloque organisé en 1990 au Chambon-sur-Lignon, en mémoire des juifs cachés sur tout le Plateau, le pasteur Alain Arnoux fit la prédication suivante, inspirée par le verset Matthieu (6.1) : "Gardez vous de pratiquer votre justice devant les hommes pour en être vus"

Pasteur de l’Église réformée du Chambon, il rappela devant les Frères Darbystes, les représentants de l’Église évangélique libre, le curé et l'Ambassadeur d'Israël que :

"La réalité de l’Église ne dépend pas de personnalités en vue, si fortes soient-elles.… il ne faut pas, jamais que cette histoire devienne rentable. Il ne faut pas, jamais, qu'un habitant du Plateau dise à un juif : "Vous nous devez quelque chose".

" Et surtout, et encore moins, il ne faut pas que ceux qui n'ont pas vécu cette histoire en deviennent les profiteurs. Que les petits enfants s'attribuent jamais une gloire que leurs anciens ont refusée. et qu'ils n'en fassent jamais un fonds de commerce… Si un jour à l'entrée du Plateau, on voit fleurir des écriteaux : " Ici on a aimé les juifs ", alors, ceux qui sont aujourd'hui remerciés, seront reniés et insultés. On n'est pas juste par hérédité.

"D'ailleurs qui est Juste ? Puisque ce Plateau est remercié d'avoir autrefois scolarisé des enfants, ouvert des maisons, accueilli des gens, pourchassés dans toute l'Europe, nous aimerions qu'il n'y ait plus d'écoles fermées devant de jeunes palestiniens, plus de maisons dynamitées, plus de gens expulsés de leur terre ancestrale pour être remplacés par des colons. En attribuant cette Médaille des Justes, vous avez invité tous ceux qui vivront et passeront sur ce Plateau à être aussi justes et fraternels qu'il est possible à des humains de l'être. Mais d'une certaine façon, c'est aussi à vous même, Israël que vous adressez cet appel".

 

Pour se protéger du cléricalisme des corporations sociales

Le bénévolat retrouvé ("Le crépuscule du devoir" de Gilles Lipovetsky)

" Le volontariat devrait connaître une véritable explosion dans d’autres segments de la société. L’avenir appartient aux nouveaux bénévoles.

" Le nouveau statut du bénévolat est à la croisée de l’érosion de la foi dans le "tout politique" et de la spirale des idéaux d’autonomie individuelle. La société qui isole les êtres et dissout les réseaux traditionnels génère l’exigence de retrouver des liens de sociabilité et de nouvelles formes d’appartenance sociale;l’emploi volontaire vient en réponse à ce besoin de participation et d’intégration, il fonctionne comme un instrument d’identification individuelle et sociale dans un âge de déqualification, d’érosion des repères,de l’identitié sociale, de quête de gratifications symboliques. Et cela fonctionne plus encore dans les cas des entraides mutuelles lorsque les "défavorisés" deviennent bénévoles eux mêmes, alcooliques anonymes, Emmaüs etc… En de tels cas, l’action bienveillante ne s’arc-boute plus sur un impératif universaliste rigoriste, elle est thérapeutique et identitaire; le nouveau bénévolat marie le désir d’aider ses semblables avec la quête de soi. Avec la promotion de l’ego le bénévolat accède à l’ère des masses."

Pour se protéger de la théologie de saule pleureur comme de l’anti racisme officiel et médiatique des Antigones subventionnées.

Verset calviniste, satanique et voltairien.

" J’ai mis l’étranger dans tes murs pour te rapeller sans cesse la justice et la liberté ; pas pour t’aider à gagner des élections ni à vivre de subventions, encore moins pour passer à la télévision". Amen.