SERVICE NATIONAL UNIVERSEL

Les AFP ont engagé une réflexion et s’interroge face à la mise en place du service militaire universel.


Elles sont très attentives et réfléchissent sur la possibilité qu’elles puissent être un lieu d'engagements pour les jeunes soit sur la base d'un agrément national, soit sur la base d'un agrément à la demande de l'AFP par département.

L'UNAF est impliqué également sur ce dossier et travail avec le Ministère. Les diverses questions évoquées par les AFP leurs ont été transmises :


Notre principale inquiétude est le caractère obligatoire pour des enfants mineurs, âgés de 15 ans environ en classe de 2nde, de vivre quinze jours en internat.

Nous déplorons que les jeunes ne soient pas un peu plus mûrs et majeurs et préférerions que les premiers essais aient lieu avec des majeurs, bien que la question des études secondaires soit à réfléchir. 12 à 18 mois d’écart entre deux jeunes est souvent synonyme d'une très grande différence en terme de maturité. A 18 ans, ils seraient plus à même de vivre en internat.


Les pères et grands-pères ne gardent pas tous un très bon souvenir de leur service militaire sur le plan de la vie commune (humiliation, promiscuité, effet de bande) or ils étaient majeurs. Quel encadrement permettra une surveillance accrue alors que des jeunes de milieux totalement différents vivront ensemble ?

La mixité sociale dans le cadre de l’éducation nationale permet déjà aux jeunes de tous milieux de se côtoyer. Hélas, l’encadrement n'y garantit pas l’absence de harcèlement et autres méfaits entre élèves. Des clans peuvent se créer. Bon nombre d’établissements scolaires se sentent démunis face à des actes de violence de plus en plus graves. La vie en communauté accentuera vraisemblablement ces réalités. Quelles garanties d’encadrement avons-nous ? Quelles formations pour les encadrants ? Quels moyens humains pour s’assurer que la « loi du plus fort » ne prévaudra pas et que le jeune qui n’a pas les mêmes habitudes de vie que les autres n’en sera pas brimé ?


Dans le cadre de la défense et de la représentation des familles, une autre source d’inquiétude est la liberté d’éducation des parents.

Le SNU obligatoire devra respecter les choix éducatifs des parents, or comment le garantir si un discours contraire aux choix parentaux est diffusé ? La liberté de conscience des jeunes eux-mêmes sera-t-elle pleinement respectée ?


Il semble de plus essentiel que le choix de lieu d'engagement du jeune puisse se faire en accord avec ses convictions et en lien avec les détenteurs de l'autorité parentale pour les mineurs pour éviter toute atteinte à la liberté de conscience. 

Comment garantir un panel suffisamment large de lieux d'engagement du SNU afin que les choix ne soient pas restreints ?  Il nous parait important de s'assurer que les critères d'agrément des lieux d'engagements (associations…) pour le SNU s'alignent sur ceux du Service civique afin de proposer un choix aussi représentatif de la société civile que possible.

Comment garantir l'accès à l'information de tous les lieux d'engagement pour les jeunes ? 


Enfin, durant la période d'internat il semble essentiel que la liberté religieuse notamment la pratique religieuse des jeunes puisse être respectée en lien avec les détenteurs de l'autorité parentale pour les mineurs. L'Observatoire de laïcité c'est positionné clairement sur le sujet.

Toutefois, il insiste sur le cadre contraignant de l'internat qui va rendre impossible la pratique du culte pour "l'appelé" (pas de sortie possible...). Des aménagements devront être trouvés par l'établissement sous conditions (sur temps libre, sans perturbation de service, si pas de chambre individuelle et selon contraintes inhérentes à l’établissement… mais qui garantira le bon déroulement de ces moments cultuels ?). 


Comment garantir la liberté religieuse pour ces jeunes durant cette période au regard des conditions évoquées par l'ODL ?

La présence d'aumôniers des armées peut être une solution, mais comment garantir leur présence en nombre suffisant ?

Comment garantir aux détenteurs de l'autorité parentale pour les "appelés" mineurs la possibilité d'exprimer leur souhait sur la pratique religieuse de leur enfant et qu'il soit respecté ? 

Comment garantir la sécurité des données personnelles des "appelés" et de leur famille (pour les mineurs) notamment sur les convictions religieuses, philosophiques, politiques... ? (Loi RGPD)


Un bilan de compétences simplifié étant prévu sous la forme d'entretien individuel permettant de situer le jeune au regard de ses éventuelles difficultés sociales et familiales, comment ces données seront-elles traitées ?